L’ Art contemporain

AVERTISSEMENT : Ce texte est l’introduction de l’ouvrage support aux conférences sur l’Art contemporain par Jean-Pierre TORCOLTI.

Comment définir l’Art contemporain ?

Qu’est ce qui le différencie de l’Art moderne ?

Quelles sont ses tendances ?

 

Depuis la fin des années 60, la critique n’a eu de cesse de chercher à définir l’art contemporain, et à établir ses critères en fonction de l’art moderne qui l’a précédé.

Dans le terme « Art contemporain » on n’entend pas de l’ensemble de la production artistique actuelle, mais ses références dominantes et émergeantes de la scène internationale de ce qui se crée aujourd’hui et qui n’existait pas hier.

Aujourd’hui, l’Art contemporain, nous le verrons, se différencie de l’Art moderne essentiellement par un retour à une démarche cognitive, en substituant au jugement esthétique un jugement de connaissance.

Si les artistes modernes avaient pour ambition de produire un sens immanent au sensible ou issu du dialogue entre les matériaux et le représenté, dans un milieu fermé qui ne cherchait pas à communiquer, les artistes contemporains mettent en place des dispositifs allégoriques qui rattachent le sensible (les moyens) sous le dicible (le représenté).

Essentiellement discursives, les différentes postures des œuvres d’art contemporain ont un ancrage profond sur l’actualité. L’artiste privilégie son rôle de médiateur, non pas de manière descriptive, mais par des questionnements, explicites ou implicites – qui choquent même parfois – sous différentes formes, dans une tendance où prédomine le signifié. Une de ses caractéristiques propre est de créer un rapport de force entre le procédé plastique et le sujet de l’œuvre.

Depuis Marcel Duchamp l’Art fait appel à toutes sortes de matériaux qui entourent notre quotidien et n’a plus pour seul objet de « produire du beau ».

Les artistes ne sont plus mono produit mais peuvent peindre, faire des photos, de l’architecture, du design, de la musique

Thierry De Duve va même jusqu’à dire : « On est passé du jugement esthétique classique « ceci est beau », au jugement esthétique moderne du type « ceci est de l’Art, qui n’est pas un jugement de goût. » Thierry De DUVE (pour une archéologie de la modernité 1989 . Collection Critique), en passant par une expression tautologique de l’Art.

Le mot « Art » n’est pas synonyme du mot « Beau » mais il prendrait sa place.

La question du gout fait appel à la question des conventions, c’est à dire des attentes. Duchamp disait: «Le goût, c’est une habitude». Et une habitude, c’est notre prédisposition à s’attendre à ce que l’expérience que l’on va avoir soit du même ordre que notre expérience antérieure. Or, les différentes ruptures que les avant-gardes ont opérées depuis un siècle et demi ont toujours été perçues comme des ruptures de goût, justement parce qu’elles rompaient avec les attentes. Elles ont même été jusqu’à provoquer le sentiment qui est absolument antagoniste au goût et dont Kant disait qu’il était le seul sentiment incompatible avec le jugement esthétique: le dégoût.

Un très grand nombre de chefs d’œuvre de la modernité, dans tous les domaines, ont été accueillis par un cri d’indignation: «Ce n’est pas de l’art car c’est dégoûtant».

Il dérange, réveille les consciences, perturbe nos structures mentales sur l’art construites autour de l’esthétique et du beau

Quand et Comment en est on arrivé là ?

Comment le jugement de connaissance s’est il substitué au jugement esthétique ?

À l’origine de l’art contemporain, il y a une révolte contre cette dictature du beau traditionnel qui avait fini par étouffer l’esprit créatif. Il fallait casser les règles, les principes d’harmonie, pour une rupture avec des formes dites classiques.

Nombreux sont les ouvrages qui donnent naissance à l’Art contemporain dans les années 60, même si cette expression ne s’est imposée qu’à partir des années 80.

Néanmoins, il n’y a pas eu d’effet « falaise », il n’y pas eu de date charnière, il n’y a pas eu de rupture ni de manifeste comme cela a existé pour de nombreux mouvements, et nous le verrons, certains artistes vivants se maintiennent encore dans une démarche « moderne » et esthétique.

Cette présentation n’est ni une apologie ni une critique de l’Art contemporain. Elle a pour ambition d’apporter au lecteur un regard averti, et des clés pour comprendre et apprécier la création artistique actuelle.

Il n’y a jamais eu en France et en Europe un tel engouement pour les salons et centres d’Art, au dépit des galeries. Malgré le contexte de crise qui n’en finit pas, le commerce de l’Art, lui, ne s’est jamais aussi bien porté.

Ce propos s’inscrit dans une démarche heuristique qui s’appuie sur des œuvres majeures que l’on a put voir à la Biennale de Venise, à la FIAC de Paris, à Art BASEL à Bâle, à la Freize de Londres, à Artissima de Turin, et bien d’autres.



  • Origine et contexte: ……………………………………… 

Les prémices dans la période Romantique (Delacroix)

Kant : Subjectivité et jugement esthétique

Les progrès générés par l’impressionnisme

Les révolutions du début du 20ème siècle

Rosenberg et Greenberg : Subjectivité et Planéité

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